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Radar, AIS et VHF : ce que les acheteurs de bateau doivent savoir
Yacht ReviewTechnique & Entretien

Radar, AIS et VHF : ce que les acheteurs de bateau doivent savoir

Radar, AIS et VHF peuvent transformer une veille de nuit tendue en navigation éclairée, si les acheteurs comprennent ce que chaque outil peut et ne peut pas faire, ainsi que les coûts, avant de quitter le quai.

Il existe un silence particulier qui s’installe sur un bateau dans le brouillard. Le rivage disparaît. Le bruit du moteur semble plus fort. Chaque bouée, ferry et barque de pêche paraît soudain théorique. C’est le moment où les électroniques modernes cessent de ressembler à de coûteux accessoires pour devenir ce qu’elles sont : des équipements de sécurité.

Pour les acheteurs de voiliers et de bateaux à moteur, trois systèmes méritent une attention particulière : le radar, l’AIS et la radio VHF. Ils sont souvent évoqués ensemble, et ils se recoupent effectivement. Mais ils ne sont pas interchangeables. Chacun répond à une question différente. Le radar demande : « Qu’y a-t-il physiquement là-bas ? » L’AIS demande : « Qui émet là-bas ? » La VHF demande : « Comment puis-je leur parler ou appeler à l’aide ? »

Un acheteur avisé ne se contente pas de demander si un bateau dispose de ces outils. La meilleure question est de savoir s’ils sont modernes, correctement installés et maîtrisés par l’équipage.

Radar : l’instrument qui n’a pas besoin de coopération

Le radar reste le plus indépendant des trois. Il émet des ondes radio et lit ce qui revient en écho. Une falaise, une rafale de pluie, un navire en acier, une bouée ou une petite embarcation peuvent apparaître à l’écran, qu’ils émettent ou non quoi que ce soit. Cela compte, car de nombreux dangers ne disposent pas de l’AIS, et certains petits bateaux n’ont pas du tout l’électronique allumée.

Les radars marins de plaisance actuels sont généralement des unités à semi-conducteurs, souvent commercialisées comme radar broadband, à compression d’impulsions ou Doppler. Par rapport aux anciens radars à magnétron, beaucoup consomment moins, démarrent rapidement et peuvent mieux détecter les cibles à courte distance. Les fonctions Doppler, disponibles sur certains modèles, peuvent aider à distinguer les cibles qui se rapprochent du bateau de celles qui s’en éloignent. C’est vraiment utile lorsque l’approche d’un port est encombrée et que la visibilité est mauvaise.

Mais le radar n’est pas magique. Les bateaux en fibre de verre peuvent être des cibles faibles. L’encombrement de mer peut masquer de petits objets. Un dôme mal monté, surtout s’il est masqué par un mât ou trop bas au-dessus de l’eau, peut laisser des secteurs aveugles ou réduire la portée. Sur un voilier, l’emplacement est toujours un compromis : assez haut pour voir, assez bas pour éviter un poids excessif en hauteur et suffisamment pratique pour le câblage et l’entretien.

« Le radar ne remplace pas la veille ; il permet de la rendre plus éclairée. »

Les acheteurs devraient demander si le radar s’intègre au traceur de cartes, si le suivi des cibles est activé et si l’équipage sait régler le gain, l’encombrement de mer et l’encombrement pluie. Le meilleur radar du marché a peu de valeur si son propriétaire ne l’allume qu’une fois déjà inquiet.

AIS : l’étiquette nominative de la navigation moderne

L’AIS, ou Automatic Identification System, est l’une des avancées les plus importantes en matière de sécurité pour les petites unités de plaisance de la dernière génération. Il émet et reçoit des données sur les fréquences VHF, y compris l’identité du navire, sa position, son cap, sa vitesse et parfois sa destination. Les navires commerciaux soumis aux règles internationales disposent généralement de l’AIS Classe A. De nombreux yachts utilisent la Classe B, qui émet moins fréquemment et à plus faible puissance, bien que les unités Classe B SOTDMA plus récentes offrent de meilleures performances que les anciennes unités CSTDMA.

L’intérêt est évident. Au lieu de voir une simple tache floue sur un écran, un skipper peut voir le nom du navire, sa vitesse et le point de rapprochement le plus proche. Dans des eaux fréquentées, cela peut réduire le stress et améliorer les décisions. L’AIS rend aussi votre propre bateau plus visible pour les navires, ferries et autres bâtiments équipés.

Pourtant, l’AIS présente une faiblesse sociale dangereuse : il dépend de la participation. Une branche flottante, un bateau de jour sans feux, un kayak, une bouée sans émetteur ou un navire dont l’AIS est éteint n’apparaîtront pas. Certaines unités militaires, forces de l’ordre ou navires commerciaux peuvent limiter ce qu’ils transmettent. Les bateaux de pêche ne se comportent pas toujours de manière prévisible, même lorsqu’ils s’affichent proprement sur un écran.

Pour les acheteurs, la première distinction est entre simple réception et transpondeur. Un AIS en réception seule vous permet de voir les autres, mais ne les aide pas à vous voir. Un transpondeur diffuse votre position, ce qui est généralement le choix le plus judicieux pour la croisière, les traversées au large et la navigation de nuit. Le système doit disposer d’un numéro MMSI correctement enregistré et être relié à une bonne antenne. Certaines installations utilisent un splitter pour partager l’antenne VHF principale, tandis que d’autres utilisent une antenne AIS dédiée. Les deux peuvent fonctionner, mais la qualité est essentielle.

VHF : l’ancien outil qui sauve encore des vies

La radio VHF peut sembler simple à côté d’écrans colorés, mais elle reste centrale pour la sécurité maritime. Elle est directe, largement utilisée et surveillée dans de nombreuses zones côtières. Le canal 16 est la fréquence internationale d’appel et de détresse pour les communications vocales. Aux États-Unis, le système Rescue 21 des garde-côtes assure une vaste surveillance des appels de détresse VHF sur une grande partie de la côte, même si la couverture n’est pas universelle partout et dépend de la portée, de la hauteur de l’antenne et des conditions locales.

La fonction moderne clé est le DSC, ou Digital Selective Calling. Une VHF fixe avec DSC et un MMSI programmé peut envoyer une alerte de détresse numérique d’une simple pression sur un bouton rouge, en incluant l’identité du navire et, si elle est connectée au GPS, sa position. C’est une amélioration majeure par rapport à un appel vocal paniqué lancé par un équipage qui ne connaît peut-être pas ses coordonnées exactes.

Lors de l’inspection d’un bateau, un acheteur devrait vérifier si la VHF dispose du DSC, si le MMSI est correctement programmé, si les données GPS sont connectées et si l’antenne ainsi que le câble coaxial sont en bon état. Les antennes tombent en panne. Les connecteurs se corrodent. Une radio qui s’allume au quai peut malgré tout avoir une portée médiocre à cause d’un câble fatigué dissimulé derrière un vaigrage.

Une VHF portable vaut aussi la peine d’être embarquée, surtout dans le cockpit ou dans le sac de survie. Elle n’égalera pas la portée d’une radio fixe avec une antenne en tête de mât, mais elle peut être précieuse après une panne de courant, un démâtage ou une urgence d’abandon du navire.

L’intégration est utile, mais elle peut aussi masquer des problèmes

Le poste de barre moderne est de plus en plus un réseau : superposition radar sur les cartes, cibles AIS sur le traceur, radios VHF recevant les données GPS, alarmes calculant le point de rapprochement le plus proche. Cette intégration peut être excellente. Elle peut aussi créer un faux sentiment de certitude.

Un traceur de cartes n’est valable qu’autant que ses cartes, ses capteurs et ses réglages. Les cibles AIS peuvent être retardées. Les images radar demandent une interprétation. Les alarmes peuvent être réglées de manière si sensible que l’équipage les ignore, ou si lâche qu’il manque ce qui compte. Les acheteurs devraient demander une démonstration en direct en navigation, et pas seulement un écran lumineux au quai.

La compatibilité est un autre sujet. Les électroniques marines communiquent souvent via les réseaux NMEA 0183 ou NMEA 2000, ainsi que par des systèmes propres au fabricant. Du matériel plus ancien peut ne pas partager les données proprement avec des équipements plus récents. Un bateau à bon prix avec un « package électronique complet » peut, après expertise, nécessiter une remise à niveau importante pour que ses systèmes de sécurité puissent réellement communiquer entre eux.

Que devrait prioriser un acheteur ?

Pour la navigation côtière, une VHF fixe avec DSC, un MMSI enregistré et une antenne fiable devraient être considérés comme essentiels. La capacité de réception AIS est fortement souhaitable ; un transpondeur AIS est encore mieux. Le radar devient plus important pour la navigation de nuit, les régions sujettes au brouillard, les routes maritimes fréquentées, les traversées au large et tout projet impliquant des arrivées à terre délicates par mauvaise visibilité.

Pour le large, la redondance compte. Cela peut signifier une VHF portable de secours, des sources GPS indépendantes, une EPIRB ou une PLB, des options de navigation papier ou hors ligne, et une capacité de batterie suffisante pour faire fonctionner l’électronique pendant une longue situation d’urgence. L’équipement de sécurité est un système, pas une simple liste de courses.

À mon avis, les acheteurs accordent souvent trop d’importance aux améliorations esthétiques et pas assez à la qualité de l’installation électronique. Un nouvel écran au poste de barre est séduisant. Un connecteur correctement serti, un câble d’antenne au sec et une radio de détresse correctement configurée sont moins glamour. Mais lorsque le temps se dégrade, le bateau ne se souciera pas de ce qui paraissait impressionnant sur les photos de vente.

Le facteur humain

Le dernier élément est la formation. Le radar, l’AIS et la VHF ne sont pas des équipements de sécurité au même titre qu’un coussin l’est. Ils exigent du jugement. Les équipages devraient s’entraîner à passer un appel DSC de test lorsqu’il est permis, à interpréter les données du point de rapprochement AIS, à utiliser les distances radar et à appeler un autre navire de manière claire et brève.

Les meilleures électroniques réduisent l’incertitude ; elles ne suppriment pas la responsabilité. Un acheteur prudent devrait les considérer non comme des gadgets, mais comme des instruments de bonne navigation. Dans le brouillard, de nuit ou dans une route maritime très fréquentée, cette distinction peut faire la différence entre l’anxiété et le contrôle.

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